Les corps techniques de l'État


Le cycle des Corps techniques de l’État à MINES ParisTech est destiné à former des hauts fonctionnaires, ayant acquis au préalable une solide formation scientifique et technique. Le programme s’adresse en priorité aux futurs ingénieurs du Corps des mines, qui occuperont des postes à responsabilité au sein du ministère chargé de l’économie et dans d’autres ministères (écologie, énergie, développement durable, aménagement du territoire, recherche, santé …).

Le recrutement se fait sur classement à l’issue de l’École polytechnique ou sur concours spécifique à la sortie des écoles normales supérieures (Ulm, Cachan et Lyon) ou de MINES ParisTech (cycle civil). La formation est également ouverte à des élèves fonctionnaires d’autres Corps, notamment ceux des télécommunications.

Ingénieurs-élèves en formation en 2008-2009

  Année
Origine 1 ère 2 e 3 e
Corps des mines 12 16 14
      dont École polytechnique 9 11 10
      dont École normale supérieure 2 3 3
      dont MINES ParisTech 1 2 1
Corps des télécommunications 3 2 1
Examen professionnel 0 0 1
Total 15 18 16

Chaque promotion compte une quinzaine d’élèves. À l’issue de la formation, les ingénieurs se voient confier dans l’administration des responsabilités de nature technique et économique, en matière de développement industriel et technologique, de sécurité industrielle, de protection de l’environnement, de sûreté nucléaire, etc. Ils peuvent également débuter leur carrière dans la recherche, dans un domaine présentant un intérêt pour la compétitivité nationale, ou encore à la Commission européenne

En 2009, le Corps des mines fusionnera avec le Corps des télécommunications, pour donner naissance à un nouveau Corps d’ingénieurs baptisé « Corps des mines ». Le recrutement du Corps fusionné sera ouvert également sur concours aux ingénieurs du cycle civil de TELECOM ParisTech et à des titulaires du diplôme de doctorat. Le cycle de formation des ingénieurs du nouveau Corps des mines sera assuré conjointement par MINES ParisTech et TELECOM ParisTech, suivant des principes proches de ceux de la formation actuelle du cycle des Corps techniques de l’État.

Le but principal de la formation est de donner une connaissance théorique et pratique du fonctionnement des entreprises, ainsi qu’une bonne compréhension des responsabilités de l’État dans les domaines technique et économique.

Elle se compose de deux années d’expérience professionnelle en entreprise (une en France et une à l’étranger) et d’une année de formation généraliste de haut niveau. Elle est largement ouverte sur l’international, par les stages et par une forte intégration dans le contexte économique et institutionnel européen.

Les ingénieurs-élèves sont suivis individuellement par la direction des Corps techniques de l’État et par des tuteurs, afin qu’ils développent leurs compétences et leur personnalité le plus largement possible.
Enfin, un comité pédagogique formé de personnalités de l’administration, de l’enseignement et de l’entreprise s’assure de l’adéquation de la formation avec les objectifs poursuivis et de sa constante actualisation.

Organisation de l’enseignement

Une première période de deux mois, associant enseignements théoriques et pratiques, permet de présenter quelques mécanismes fondamentaux du fonctionnement des entreprises.

Ce stage de première année se déroule généralement en France sur une période suffisamment longue (12 mois) pour que le stagiaire soit placé en position d’acteur véritable dans la vie de l’entreprise, comparable à un jeune ingénieur débutant. Il peut se dérouler aussi bien dans une PME que dans une usine d’une grande entreprise.

Au cours de ce stage, l’ingénieur-élève entretient des relations mensuelles avec un correspondant qui l’aide à tirer un maximum d’enseignements de cette expérience.
Pendant la durée des stages, les contacts avec l’École sont maintenus par des réunions de promotion périodiques qui permettent également aux élèves de partager et confronter leurs expériences professionnelles.

De plus, tout au long de l’année, les stagiaires fournissent un travail de réflexion individuel puis collectif sur un thème transverse («Solidarités et rivalités dans l’entreprise» en 2008-2009). Ils suivent aussi des formations à distance, dans une ou plusieurs matières enseignées à MINES ParisTech. Le stage se conclut par une semaine de synthèse en commun.

Les stages en 2008-2009

Élèves de 1ère année
ANDRA
Paris (75)
Areva Paris (75)
Autajon Montélimar (26)
BNP Paribas Paris (75)
EDF Nogent-sur-Seine (10)
Compagnie nationale du Rhône Lyon (69)
Doublet Lille (59)
Lafarge Paris (75)
Latécoère Toulouse (31)
Pouget consultants Paris (75)
Renault Douai (59)
SNCF Paris (75)
Tenesol Lyon (69)
Thales Limours (91)
Thalys Bruxelles (Belgique)
 
Élèves de 2e année
Aéroports de Paris international
Moscou (Russie)
Agence internationale de
l’énergie atomique
Vienne (Autriche)
Areva Saskatoon (Canada)
Olkiluoto (Finlande)
BNP-Paribas Tokyo (Japon)
Cambridge University Cambridge (Royaume-Uni)
Carrefour Bogota (Colombie)
Danone-Numico Moscou (Russie)
EDF Trading Londres (Royaume-Uni)
Electric Power Research Institute Palo-Alto (Etats-Unis)
Elyo Londres (Royaume-Uni)
Programme des Nations Unies pour le Développement Bratislava (Slovaquie)
Renault Guyancourt (78)
Saint-Gobain Securit Sao Paolo (Brésil)
SUEZ
Technischen Universität München
Münich (Allemagne)
TOTAL Singapour
Qatar


La deuxième année consiste en un stage d’une durée de onze mois, à l’étranger. Il se déroule, le plus souvent, dans une entreprise où l’ingénieur-élève occupe des fonctions de nature différente et complémentaire de celles du premier stage, par exemple dans des fonctions commerciales ou financières. Certains élèves peuvent aussi effectuer une année d’études et de recherches dans un laboratoire universitaire. Comme lors du stage de première année, chaque élève est suivi par un correspondant.

La troisième année se déroule à l’École, à Paris. Elle est destinée à préparer les ingénieurs-élèves à leurs responsabilités administratives futures dans des fonctions de régulation et d’animation, aux interfaces entre l’État et les entreprises. Elle se compose de cours, de conférences, de séminaires et de missions d’études, y compris à l’étranger.

Un « mémoire », travail de réflexion sur un sujet concernant les politiques publiques ou la gestion des entreprises, est effectué en binôme sous la direction d’un «pilote». Il fait l’objet d’un rapport écrit et d’une soutenance orale. Ce travail de réflexion occupe environ la moitié du temps des ingénieurs-élèves de 3e année.

Sujets de réflexion traités en 3e année en 2007-2008

Mémoires disponibles sur demande auprès de Dominique Villeroy:

Deux exemples de sujets traités en 2007-2008

Du bon usage des LBO

La technique du rachat d’entreprise par effet de levier ou LBO, apparue aux États-Unis à la fin des années 1970, a récemment connu en France un emballement sans précédent. Son utilisation a pourtant subi un brutal coup d’arrêt à l’été 2007. Endettement déraisonnable des sociétés concernées, plus values insolentes des managers et des fonds d’investissement au mépris des salariés et des entreprises rachetées: ces mécanismes accumuleraient maintenant tous les vices.

Cette étude, au-delà de l’analyse des dérapages de certaines opérations de LBO, essaie de faire un bilan de l’intérêt de ce type d’instrument et des conditions de sa réussite. Le LBO peut en effet s’avérer une thérapie utile pour « réveiller les belles endormies », et transformer de simples dirigeants en entrepreneurs avides d’améliorations opérationnelles. Au niveau macroéconomique, il permet de combler un manque en matière de renouvellement du capitalisme français et joue un rôle important de facilitateur des transmissions d’entreprises.

Cette étude essaie également d’établir une classification des opérateurs de LBO entre investisseurs à fibre financière et investisseurs à fibre opérationnelle, et elle analyse en quoi ces derniers sont susceptibles de surmonter avec moins de difficultés la crise financière qui touchera particulièrement durement ce secteur.


Mais où est donc passé notre pouvoir d’achat

La question du pouvoir d’achat et de son évolution a fait l’objet de débats importants en France tout au long de l’année 2007-2008, avec en toile de fond une critique forte des chiffres affichés par l’INSEE.
Si la méthodologie de calcul de l’indice des prix est tout à fait solide, son interprétation est soumise à de biais perceptifs car on voudrait que cet indice mesure exactement les dépenses de consommation individuelle, ce qui n’est pas sa vocation.

En revanche, cette étude met en lumière que la question de l’évolution des revenus est bien plus importante et significative : vieillissement de la population, baisse du chômage et explosion du travail précaire ont conduit à la stagnation du revenu salarial moyen ainsi que des pensions et retraites individuelles.

À ces problèmes aucune réponse de court terme ne peut être donnée : l’amélioration du pouvoir d’achat passe par des réformes de long terme et notamment en matière de logement, puisque ces dépenses occupent une place croissante dans les dépenses des Français, et le parc social ne loge plus les plus modestes, qui sont pourtant les plus touchés par ces évolutions.